Contre la biomascarade, pour des forêts vivantes !

Malgré des mois d’une contestation de plus en plus affirmée, la préfecture a donné son accord le 30 mars dernier pour la création de l’usine à charbon (pellets torréfiés) de Bugeat-Viam. L’association Non à la Montagne-pellets  s’oppose depuis le départ à ce projet néfaste d’extraction industrielle de « biomasse », opposition au cours de laquelle nous avons déjà mené de nombreuses actions.

Nous continuerons à le faire jusqu’à l’abandon du projet.

CIBV, POURQUOI S’OPPOSER ?

1. Le prélèvement des souches et rémanents ou le défriche­ment de parcelles à  l’aban­don sont une menace pour les sols et pour la diversité du vivant, ainsi que pour tous les emplois qui sont liés à la préservation de ceux­-ci.

CIBV encourage et reproduit un modèle de développement indus­triel destructeur et court­termiste, qui va à l’encontre de toutes les al­ternatives possibles et nécessaires, pour le bien des hommes comme des milieux naturels. CIBV, c’est la monoculture plutôt que la diver­sité, le dessouchage plutôt que la restauration des sols déjà épuisés, la coupe rase plutôt que la sylvicul­ture douce, l’exploitation forestière pour la biomasse plutôt que pour la construction ou le bois de chauffage. C’est la concentration des ressources et des profits dans les mains de quelques industriels et financiers, quelles qu’en soient les conséquences locales, plutôt que la multiplicité des usages de la forêt, considérés depuis chaque portion de territoire avec ses besoins et ses particularités.

2. La politique énergétique de remplacement des énergies fossiles par la biomasse n’est PAS une solution pour lutter contre le réchauffement climatique.

Les émissions de CO2 liées à la produc­tion industrielle de la biomasse (ex­traction, collecte, transformation, transport), ajoutées à celles de sa combustion, ne changent rien aux émissions globales de carbone ; la convoitise industrielle sur la « biomasse » encourage au contraire la suppression des puits de carbone (remplacement de forêts par des champs d’arbres à cycle court, prélèvement des souches et réma­nents) et de la biodiversité.

3. L’installation d’une unité de collecte et de transforma­tion industrielle provoquera de nombreuses nuisances directes.

Augmentation de la circulation des camions et des dégradations de voirie associées ; pollutions sonore (broyage), olfactive (torréfaction), sanitaire (dissémination de composés organiques volatiles) ; per­turbation des écosystèmes voisins (bassin versant, zones de protec­tion spéciale à proximité immédi­ate…). Les expériences vécues par d’autres riverains (à Égletons par exemple) montrent que les engage­ments initiaux sur cette question ne sont jamais tenus, et qu’il est ex­trêmement difficile ne serait­-ce que de faire respecter les normes en vigueur. Au­-delà de l’unité de pro­duction proprement dite, l’approvi­sionnement en matière premièredans un rayon de 80 km, avec l’in­stallation de plates­formes inter­médiaires de broyage au gré des chantiers, impliquera les dégâts environnementaux et sociaux in­hérents à l’exploitation industrielle de la forêt.

4. Tout ça pour une vingtaine d’emplois annoncés, fi­nancés à grand renfort d’ar­gent public (7 millions d’euros).

Des emplois qui ne vont pas s’ajouter au « bassin d’emploi » lo­cal mais plutôt le concurrencer, et qui incarnent en vérité une certaine idée de ce que c’est que vivre et travailler au pays : en l’occurrence, se mettre au service d’un industriel dont les préoccupations ne sont évidemment pas tournées vers l’in­térêt commun mais déterminées par le profit. Contrairement à ce qui a été avancé par le porteur de projet, il ne s’agit pas d’une valori­sation locale de la ressource mais de l’application du modèle colonial d’extraction de matière première suivant les besoins de la métropole. L’inquestionnable argument économiste et le chantage à l’em­ploi qui l’accompagne (et quels emplois – des postes en 3 x 8 dans des conditions de travail partic­ulièrement délétères) cachent en fait le bradage du territoire contre des miettes (et quelles miettes – l’espoir de quelques improbables retombées pour les communes de Bugeat et Viam) au détriment de toute une population.

5. Les forêts ne sont pas des mines à charbon. Un point c’est tout.

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