Inventaire effectué par des naturalistes sur le site du projet CIBV le 1er juillet 2018

Inventaire naturaliste sur le site de CIBV – 1er juillet 2018

La société SOMIVAL a réalisé une étude d’impact dans le cadre du dossier ICPE. L’inventaire avifaune a été réalisé sur la seule journée du 9 juin 2016.
Suite à une sollicitation de l’association Non à la Montagne-pellets, une équipe de naturalistes bénévoles a effectué un nouveau relevé sur le site, le 1er juillet 2018.

Ce relevé a été réalisé sur la plateforme d’implantation de l’usine par trois ornithologues et deux entomologistes, de 7h30 à 11h.

Conclusion

Le site est fortement dégradé (remblai) et présente un intérêt limité en termes faunistiques. Cependant si l’on tient compte des informations fournies dans le dossier d’enquête publique, une réelle étude d’impact devrait être réalisée sur l’ensemble du territoire réellement impacté, c’est-à- dire les 80 kilomètres de rayon d’approvisionnement annoncés par le porteur de projet : comme le mentionnent diverses contributions à l’enquête publique, il est à craindre de graves dégradations des sols et pollutions des eaux du fait de l’encouragement des coupes rases et du dessouchage.

La forêt des abatteuses tue la forêt des hommes

On constate sur le terrain que la multifonctionnalité et l’intérêt général dans la gestion et l’exploitation forestière régresse.

Si non veut continuer de gérer la forêt dans le cadre de l’intérêt général et en respectant les générations futures comme c’est l’esprit de la loi depuis l’ordonnance de 1349, renforcée en 1669 par celle de Colbert,il faut renforcer la transparence et la concertation avec les acteurs locaux sur la gestion forestière. Il faut introduire des leviers pour que les stratégies forestières prennent mieux en compte les chartes forestières de territoires et schéma régionaux de cohérence écologique. Il faut renforcer le pouvoir des agents publics pour faire respecter la réglementation et les décisions prises en concertations. Mettre fin aux coupes rases, obliger les forestiers à remettre en état les sols dévastés. Non seulement, les modalités d’exploitation sont de plus en plus souvent destructrices de biodiversité, mais la réglementation en vigueur n’est pas appliquée. On constate bien souvent un non-respect des règlements qui conduit à des pollutions de cours d’eau, à des destructions de  zones humides (comme ce fut le cas pour le site convoité par CIBV). La circulation en surcharge des grumiers sur des petites routes départementales est courante ainsi que les débardages sur sol détrempé et le non-respect des barrières de dégel, … alors que les agents de l’état sont de moins en moins nombreux sur le terrain et de moins en moins armés pour faire respecter la loi.

Site d’implantation de l’usine CIBV

Limitrophe de zones humides et d’une zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF), à quelques centaines de mètres d’une zone de protection Natura 2000, et d’importance communautaire pour les oiseaux, le site a été parfaitement choisi pour occasionner le plus de dégâts écologiques ! Certainement, en bon voisin, CIBV se souciera de la bonne cohabitation, et comme le disait un pro-usine: « c’est les plus gênés qui s’en vont…. ».

Somival, CIBV, Projet d'usine à Pellets en Corrèze porté par M. Pierre-Henri Gaudriot